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Le
président du PDCI - RDA

Aimé
Henri konan Bédié
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Confédération des
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R . H . D . P
Rassemblement des
Houphouetistes pour la
Démocratie et la Paix
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« La conjuration armée qui a abouti au
coup d`état du 24 décembre 1999 avait pour cible, au-delà de
ma modeste personne, la déstabilisation programmée de la
Côte d`Ivoire »
LETTRE DU PRESIDENT HENRI KONAN BEDIE AUX
IVOIRIENS
Mes chers compatriotes,
Souvenons-nous qu`en 1960, sous la houlette éclairée du
Président Félix Houphouët-Boigny, la Côte d`Ivoire
s`éveillait à la liberté, à la lumière et à l`espoir.
L`homme qui était la finalité de la lutte pour
l`indépendance a toujours été au centre des préoccupations
du nouvel Etat et de la nation que le PDCI-RDA s`est engagé
à construire. Quarante années durant, nous avons
inlassablement œuvré à la réalisation de cet objectif
majeur, celui de la recherche du progrès et du bonheur des
Ivoiriens.
La conjuration armée qui a abouti au coup d`état du 24
décembre 1999 avait pour cible, au-delà de ma modeste
personne, la déstabilisation programmée de la Côte d`Ivoire
dans ce qui constituait son âme, son essence, la vision
qu`en a forgée le PDCI-RDA à travers son projet de société
et d`émancipation de l`homme ivoirien. Rien d`étonnant, dans
ces conditions, qu`à l`élection présidentielle organisée,
dix mois après ce coup de force, tout ait été mis en œuvre
pour écarter injustement les candidats se réclamant du PDCI-RDA.
Face à cette injustice, vous avez su rester dignes,
constants et fidèles à notre parti et à ses idéaux. Cette
détermination donne au monde la preuve de l`enracinement du
PDCI-RDA. Je voudrais donc ici publiquement et
solennellement rendre un hommage appuyé à vous tous, cadres,
responsables à la base, militantes, militants et
sympathisants, qui avez su maintenir debout notre grand
mouvement d`avant-garde. Ces remerciements sont d`autant
plus justifiés que par votre dévouement à notre parti vous
avez sauvegardé les chances de survie de notre beau pays.
Depuis l`exil forcé auquel ce coup d`Etat m`a contraint, je
n`ai jamais cessé de consacrer toute mon énergie et mon
intelligence à penser la Côte d`Ivoire dans son ambition
légitime d`entrer avec succès dans le troisième millénaire.
Je n`ai jamais cessé également de penser à notre parti, à
l`avenir de nos jeunes et de nos femmes, au peuple de Côte
d`Ivoire dans toutes ses composantes si injustement
précipité dans le désarroi et la détresse.
Certes, depuis mon retour d`exil, le 15 octobre 2001, il m`a
été donné, à diverses occasions, de m`adresser aux militants
du PDCI-RDA sur l`état désastreux de la nation et sur la vie
de notre parti, d`animer des rencontres au niveau des
instances, de prendre position, de donner des avis et des
interviews sur tous les sujets qui agitent notre pays depuis
près de huit ans.
Mais durant ces longues années, chères sœurs et chers
frères, le contexte politique national caractérisé par le
manque de visibilité ne m`a pas permis, à mon corps
défendant, de parcourir nos régions, nos villes et campagnes
pour saluer nos vaillantes populations durement éprouvées
par la crise.
Comme vous le savez, la volonté manifeste du régime FPI de
se maintenir au pouvoir sans élections a aggravé l`absence
de perspectives politiques claires telles que nous les avons
recherchées dans le cadre des divers accords de sortie de
crise à travers des élections justes, transparentes et
ouvertes à tous.
Je vous ai souvent dit combien il convenait d`adapter notre
attitude à cet objectif, en évitant les surenchères
inutiles, les affrontements stériles au sein du parti, les
rivalités qui nuisent à la cohésion et qui n`ont d`autre
conséquence que celle de nous fragiliser face à un
adversaire politique tricheur et sans scrupule.
Au cours des sept années de régime du FPI souillées par le
sang, marquées par la violence, la souffrance, la
frustration et les illusions perdues, je n`ai jamais changé
d`attitude ni été résigné face à l`adversité. J`ai vécu et
je continue de vivre au quotidien la gravité du sort réservé
à notre pays, aux Ivoiriens et aux populations résidant en
Côte d`Ivoire.
J`ai usé de tous les moyens d`opposition démocratiques et
républicains en vue de soustraire notre pays à la décadence
où l`incurie, l`irresponsabilité, la mauvaise gouvernance du
régime FPI l`ont précipité. Aussi, ai-je mis un point
d`honneur à participer à toutes les rencontres et à défendre
les intérêts de la Nation là où se jouait son avenir,
c`est-à-dire le retour à la paix.
Ainsi, après les efforts accomplis pour retrouver la paix à
Marcoussis, à Accra et à Pretoria sous l`égide de la
Communauté internationale, sans compter les rencontres
d`Abidjan et de Yamoussoukro, nous en sommes aujourd`hui
arrivés à l`accord de Ouagadougou.
Ces efforts auraient pu être couronnés de succès si le
pouvoir FPI, après avoir usé deux Premiers ministres et
souvent humilié des Chefs d`Etat et médiateurs étrangers
désireux d`aider à notre réconciliation, n`avait constamment
par des manœuvres dilatoires renié ses propres engagements,
ses propres signatures et élevé des obstacles au processus
pour le retarder.
Souvenons-nous, chers compatriotes, que le dialogue direct
engagé à la diligence bienveillante du Président Blaise
Compaoré, avait été proposé cinq ans plus tôt par nous. Il
est manifestement établi aujourd`hui que le régime en place
s`est volontairement accordé ce long délai pour se maintenir
illégalement au pouvoir, organiser le pillage systématique
des richesses nationales avec pour conséquences, la ruine de
l`économie ivoirienne et l`aggravation de la pauvreté.
Depuis le 4 mars 2007, la signature de l`accord politique de
Ouagadougou et les actes qui l`ont accompagnée ont ouvert de
nouvelles perspectives qui nous permettent, enfin, de fixer
nos objectifs et d`élaborer notre stratégie électorale. Pour
nous, la voie des urnes demeure l`unique moyen pour la
reconquête du pouvoir. Car, mon ambition de faire de la Côte
d`Ivoire "un pays industriel en l`espace d`une génération
n`est pas une utopie, c`est un objectif majeur." Cet
objectif majeur s`est élevé au stade d`un rêve de réussite,
de progrès et d`espérance qui m`a conduit à forger le
concept de l`Eléphant d`Afrique qui reste plus que jamais
d`actualité.
Avant de poursuivre, je voudrais redire mes remerciements au
Président Blaise Compaoré pour son engagement personnel en
faveur de la paix en Côte d`Ivoire.
Je voudrais, également, exprimer ma gratitude à
l`Organisation des Nations Unies, à la Communauté
internationale, à l`Union Africaine, à la CEDEAO et à la
France pour leur présence et leur appui constants dans le
processus de résolution de cette crise en vue de
l`instauration de la paix en Côte d`Ivoire.
Chères Ivoiriennes et chers Ivoiriens, la crise que nous
vivons n`est pas une fatalité. C`est un défi qu`il nous faut
relever. Nous le devons et nous le pouvons, car le PDCI-RDA,
debout, est en marche pour la victoire afin de reprendre son
œuvre de développement pour le "progrès pour tous et le
bonheur pour chacun".
Dans cette perspective, il nous faudra identifier les
mesures et actions à court, à moyen et à long termes,
fondées sur des stratégies appropriées. Pour l`heure, je
voudrais avec vous esquisser quelques éléments des mesures
et actions que nous comptons déployer dès que le peuple de
Côte d`Ivoire nous aura accordé à nouveau sa confiance.
I. Restaurer l`autorité de l`Etat et consolider la
conscience républicaine.
1.1. La restauration de l`autorité de l`Etat.
En tout premier lieu, il conviendra de restaurer l`autorité
de l`Etat et de renouer avec la conscience républicaine.
L`anarchie délibérément instaurée dans notre pays,
l`irrévérence, l`incivisme et le désordre qui en ont
résulté, ont gravement atteint l`autorité de l`Etat et
paralysé son fonctionnement. Constamment sollicitée pour
imposer la dictature, la rue, sous la houlette du FPI, a
remplacé les institutions de la République. Il n`y a plus
d`Etat, les institutions n`existent plus que de nom,
entraînant la dilution de l`autorité. Ses prérogatives ne
sont plus exercées que par des personnes ne détenant aucun
mandat du peuple et ne disposant d`aucun statut
institutionnel. L`Etat n`étant plus une référence morale,
l`administration s`est délitée et désagrégée au point de ne
plus être en mesure de répondre aux exigences du service
public, entraînant ainsi le désarroi des usagers. La
neutralité et l`impartialité de l`Etat ont été profondément
entamées par des recrutements partisans au mépris des
critères de compétence.
Dès notre retour au pouvoir, il nous faudra immédiatement
restaurer l`autorité, la neutralité et l`impartialité de
l`Etat, des Institutions, de l`Administration et consolider
la conscience et la responsabilité républicaines. Dans ce
registre, nous nous attacherons prioritairement à la réforme
de notre Armée.
1. 2. La réforme de l`Armée.
Durement éprouvée par cinq années de vains sacrifices
consentis au cours d`une guerre que nous aurions pu éviter,
l`âme républicaine de notre Armée a subi tant d`assauts
qu`elle s`est fondue dans le clanisme. Du coup, elle a perdu
son caractère et le sens profond de sa mission républicaine.
Le PDCI-RDA s`emploiera à la reconstruction de nos Forces de
Défense et de Sécurité afin d`en faire une institution
nationale digne, compétente et capable d`assumer sa mission
au service de la Nation.
Les tensions actuelles qui traversent cette haute
institution n`honorent pas la Côte d`Ivoire, encore moins
les militaires eux-mêmes dont une minorité continue
d`abaisser le prestige par des pratiques répréhensibles aux
antipodes de la grandeur à laquelle elle doit tendre.
La grande majorité des cadres militaires et des soldats, qui
réprouvent l`affairisme, les méthodes, les pratiques, les
recrutements anarchiques, le clientélisme et le clanisme qui
gangrènent leurs corps, ne cachent pas leur désillusion
sinon leur dépit. Une Armée doit incarner les grandes vertus
de l`éthique civique et susciter le respect et l`estime du
peuple.
Pour renaître, notre Armée nationale devra admettre
impérativement les principes fondamentaux de discipline, de
compétence et de mérite qui en forgent la grandeur et la
noblesse. Le PDCI-RDA oeuvrera pour lui assurer force,
crédibilité et prestige nécessaires à sa mission.
II. Rebâtir la paix
et la sécurité
2. 1. Nous devons rebâtir la paix et la sécurité en prenant
des mesures d`urgence et d`assistance aux populations.
Une administration restaurée ne saurait s`accommoder d`une
justice aux ordres, dont les manquements à l`éthique
judiciaire ont laissé prospérer l`impunité au point de se
renier elle-même.
Comment comprendre, en effet, que pendant sept ans, nous
n`ayons pu élucider, en dépit de nombreuses commissions
d`enquêtes mises en place, la grave question des escadrons
de la mort, les violations flagrantes et massives des droits
de l`homme, les incendies de marché et de bureaux, les
menaces sur la vie des personnes, les crimes, les meurtres,
les assassinats, les enlèvements crapuleux, les détentions
arbitraires, les fosses communes, les charniers, qui ont
endeuillé les familles et constitué des faits notoires qui
ont défrayé la chronique ? Devant tant d`exactions, tant de
cruauté et tant de délits, comment notre justice a-t-elle pu
se satisfaire de cette situation d`impunité ?
Il nous faudra donc réformer la justice pour garantir le
droit, les libertés individuelles et collectives, dans un
vaste mouvement de consolidation de la sécurité judiciaire
pour tous les citoyens, pour tous les opérateurs
économiques, investisseurs nationaux et étrangers.
Pays de liberté et d`hospitalité, comme le proclame notre
hymne national, la Côte d`Ivoire doit pouvoir assurer à ses
citoyens et à ses habitants la protection indispensable à
leur plein épanouissement dans un environnement sécurisé et
propice aux affaires, à l`éducation et à l`édification des
jeunes.
Dans l`ordre de ces mesures d`urgence, une place de choix
sera accordée au monde paysan. La détresse du monde rural
qui, au cours des sept dernières années, a payé un lourd
tribut à la crise, sera prise en compte. Nous mettrons en
œuvre une politique d`assistance agricole garantissant à
tous des revenus substantiels et stables. Cette politique
est aux antipodes des promesses démagogiques du FPI qui ont
conduit à la faillite de nos campagnes et de nos paysans.
Ceux-ci sont délibérément plongés dans la pauvreté et la
misère par le pillage organisé du fruit de leur travail. Le
taux de pauvreté approche, aujourd`hui, le seuil des 45%
alors qu`il y a peu, il était de 33% ! La paupérisation
aggravée par la hausse anarchique des prix des biens de
consommation courante est donc à son comble! Elle nous
commande la prise en compte urgente du monde rural dont le
fruit du travail est dilapidé à grande échelle par le régime
en place. L`assistance aux populations, qu`elles soient
rurales ou urbaines, comprendra la réparation des dommages
causés aux victimes de la guerre et aux déplacés. Ce défi
sera relevé.
2.2. Nous devons rebâtir la paix et la sécurité en
l`inscrivant comme une priorité de l`action gouvernementale.
La sécurité des biens et des personnes sera inscrite comme
une priorité de l`action gouvernementale et des moyens
seront mis en œuvre pour en garantir l`efficacité dans le
respect des droits de l`homme et du citoyen. C`est pourquoi,
le démantèlement des milices est intimement lié à la paix, à
la cohésion sociale et à la réconciliation nationale à
laquelle nous nous attellerons sans délai. Dans ce
dispositif, l`indépendance du juge sera une pierre d`angle
conforme aux principes constitutionnels et de bonne
gouvernance.
2.3 Nous devons rebâtir la paix et la sécurité en
construisant une démocratie apaisée.
Le PDCI-RDA a une pratique démocratique ancienne qu`il
faudra approfondir et poursuivre en vue de la consolidation
de l`Etat de droit. Le renforcement de la démocratie par la
bonne gouvernance en est le corollaire indispensable. Il
suppose une décentralisation pertinente et porteuse de
potentialités de développement économique et social en vue
de réduire les disparités régionales accentuées depuis la
crise inutile dans laquelle le régime actuel nous a plongés.
Pour cela, il faudra renforcer la stabilité politique de la
nation par la mise en oeuvre d`une démocratie apaisée
prenant appui sur une administration publique réformée et
des institutions consolidées.
Cette démocratie apaisée, que j`ai depuis toujours appelée
de mes vœux et pratiquée, est à l`opposé des méthodes de
gouvernement et des moyens d`actions politiques du FPI,
fondés sur la violence répressive, le déni de justice et les
violations massives des droits de l`homme et des libertés.
Elle induit une gestion rigoureuse des affaires publiques et
la promotion de la bonne gouvernance par la mise en œuvre
d`une connaissance profonde des aspirations des populations.
La démocratie apaisée suppose également la maîtrise de nos
émotions et de nos impatiences face à ce que nous ressentons
parfois légitimement comme une injustice et qui pousse au
désordre fatal à la Nation. La démocratie apaisée, c`est
l`instauration de la confiance, le respect d`une urbanité
dans les rapports politiques des citoyens. Car, il est vain
de crier, de brocarder ses adversaires, d`insulter. Seule
une volonté politique ferme, stable, propice à la discussion
et au dialogue permet de démêler les situations les plus
complexes.
Les idéaux du PDCI-RDA, dont nous avons tous été imprégnés,
nous interdisent, selon les enseignements de Félix
Houphouët-Boigny, les attitudes irraisonnées et
aventureuses. Dès lors, le PDCI-RDA ne saurait ni ne
pourrait faire l`apologie de la violence, physique ou
verbale, en s`y adonnant, comme certains ont pensé nous y
pousser pour rompre avec notre attitude de réserve et notre
sens des responsabilités. Le PDCI-RDA ne saurait imiter le
FPI dans ses comportements politiques irrationnels. Pourquoi
aurions-nous suivi nos adversaires politiques dans leurs
méthodes sanglantes et leurs pratiques violentes alors que
la terre promise, dès leur avènement, s`est révélée être
l`enfer. L`incapacité du FPI à s`élever et à se conformer à
la norme politique rationnelle le disqualifie comme modèle à
suivre. Aussi, ma réserve face aux agitations et pratiques
du FPI n`a-t-elle pas toujours été bien comprise.
Et lorsque, malgré tout, nous avons voulu manifester
pacifiquement et conformément à nos droits constitutionnels
pour réclamer la mise en application des accords de paix que
nous avions signés ensemble avec le FPI, nous avons été
réprimés dans le sang. La marche du mois de mars 2004,
interdite, n`avait pas eu lieu. Mais elle n`avait pas moins
occasionné cent vingt (120) morts, selon l`ONU, mais
certainement plus de cinq cents (500) sans compter les
nombreux blessés. L`enquête menée par le PDCI-RDA, confirmée
par celle du Conseil de Sécurité de l`ONU en atteste,
témoignages et photos à l`appui.
Appuyées par " des auxiliaires ", c`est-à-dire des miliciens
à la solde du FPI, comme devait le confirmer le Ministre de
la Sécurité Intérieure de l`époque, les Forces de Défense et
de Sécurité ont investi les rues, les places, les domiciles
et les cours communes pour procéder à des tueries
"indiscriminées " de nos militants.
Pour cela, nous n`oublierons jamais les événements des 25,
26 et 27 mars 2004 gravés dans la pierre. Ces événements ont
révélé à la face de la nation et du monde entier la
dictature sanguinaire du FPI et son visage le plus hideux.
Le silence temporaire qui recouvre ces morts ne signifie pas
qu`ils sont oubliés. Le moment venu nous saurons nous en
souvenir afin que leur martyre imprègne à jamais nos
consciences. Leur sacrifice ne sera pas vain.
D`abord, nous n`aurons de cesse de demander à l`ONU d`être
conséquente avec ses principes devant ces violations
massives des droits de l`homme. Puisqu`elle a conclu dans
son enquête à des " tueries indiscriminées " et qu`elle en a
sériées les responsabilités, les sanctions doivent être
prises. Il en va de sa crédibilité.
Mais il nous faut dépasser toutes ces perfidies et trouver
dans la tragédie ivoirienne les ressorts nécessaires pour
rebondir par les élections qui sont annoncées.
C`est pourquoi, je veux ici appeler au rassemblement, à
l`union et à la cohésion pour mobiliser nos forces et nos
énergies en vue de faire barrage à l`imposture et à la
dictature en gagnant les prochaines élections.
III. Se mobiliser
pour les élections
Notre mobilisation pour les élections à venir est une
absolue nécessité et une ardente obligation.
Les élections sont un passage obligé pour sortir de la crise
et permettre au peuple ivoirien de choisir ses gouvernants
et ses dirigeants. Ce droit est un des attributs du peuple
dont nul ne saurait le priver, sauf à vouloir être
illégitime ou dictateur en se plaçant au dessus des lois de
la République. C`est dire que la situation présente de la
Côte d`Ivoire où des personnes jouent les prolongations à la
tête de l`état sans être élues est fondamentalement
antidémocratique. Et comme je ne cesse de le répéter, c`est
une honte pour la nation ivoirienne. Il nous faut donc aller
aux élections.
Cependant, pour être crédibles, les élections doivent
répondre à un certain nombre d`exigences démocratiques pour
garantir la sincérité du scrutin. Dès lors, toutes les
mesures doivent être prises pour assurer à chaque citoyen
ivoirien la possibilité d`exercer, en toute liberté, son
droit de vote où qu`il se trouve sur le territoire national.
En ce qui concerne les personnes non déclarées à l`état
civil, les audiences foraines doivent leur délivrer les
actes nécessaires à l`obtention des documents électoraux, en
toute impartialité. L`identification des électeurs, la
délivrance et la distribution des documents électoraux
doivent se faire dans les délais requis.
Point n`est besoin de démontrer l`importance de ces enjeux
pour notre parti, enjeux sur lesquels les diverses missions
des instances du parti n`ont cessé de vous sensibiliser.
Votre mobilisation est à ce point cruciale que je ne crains
pas de me répéter : il nous faut à la fois mobiliser nos
énergies et toutes nos intelligences afin que chacune de nos
militantes, chacun de nos militants, chacun de nos jeunes en
âge de voter, chacune de nos électrices, chacun de nos
électeurs, sympathisantes et sympathisants du PDCI-RDA, où
qu`ils se trouvent en Côte d`Ivoire ou à l`étranger,
puissent voter. Gagner les prochaines élections est à ce
prix !
Le relèvement du taux de participation de nos électeurs dans
toutes les circonscriptions doit être exceptionnel pour
porter à la face du monde notre refus de la dictature et du
mensonge d`un régime qui n`a fait qu`endeuiller nos familles
en semant la mort, la désolation et la misère dans notre
pays, naguère si prospère, si fier et si jaloux de son mieux
vivre.
Dans de nombreuses régions du pays et singulièrement dans le
sud-ouest et l`ouest, les populations autochtones continuent
encore, avec la complicité de certains politiciens
irresponsables, d`empêcher d`autres Ivoiriens d`accomplir
leurs devoirs civiques. Cela doit cesser. Tout Ivoirien, en
règle vis avis des lois électorales, doit pouvoir voter.
La sécurisation des élections et des électeurs, notamment
dans les zones forestières est pour nous une exigence non
négociable. C`est pourquoi, des mesures de protection du
droit de vote et de défense devront être prises par les
électeurs eux-mêmes en s`organisant partout où besoin sera.
Je veillerai personnellement à ce qu`il en soit ainsi et
m`assurerai que l`implication des Nations Unies et des
forces impartiales, à ce propos, soit garantie. La Côte
d`Ivoire est une République. Elle doit pouvoir respecter et
garantir partout, sur son territoire national, les droits
inaliénables de ses citoyens.
Enfin, la gestion des médias d`Etat doit satisfaire aux
exigences de la démocratie et à l`impératif de l`équité.
Car, pris en otage par le pouvoir en place qui en a fait son
instrument de propagande et d`agitation politiques, ces
médias d`Etat se sont transformés en un cénacle de la pensée
unique et de la censure des partis d`opposition. Il nous
faudra donc veiller à réviser de toute urgence leur ligne
éditoriale préconçue et partisane. La démocratie ne
s`accommode pas de telles usages et pratiques.
IV. Relancer le développement et la croissance économique
Sous le régime du FPI, l`économie a été totalement ignorée
et aucun projet n`est assignable, à ce jour, à ce parti qui
s`est payé de mots pour abuser les Ivoiriens. Devant
l`absence d`investissements et de réalisations, nous sommes
en droit de demander à quoi ont servi les budgets successifs
de l`Etat depuis sept ans.
Pour notre part, nous nous engageons à redresser l`économie
nationale. Nous veillerons également à la maîtrise de la
croissance démographique. Nous remettrons en place une
politique vigoureuse d`industrialisation en vue de la
relance de l`emploi Nous proposerons, le moment venu, notre
programme de développement et de croissance économique. Pour
l`heure, je voudrais explorer avec vous, dans ce sens, les
grandes lignes des réformes à engager dans l`urgence.
Ces réformes d`urgence pour relancer l`économie et la
croissance porteront pour l`essentiel, dans un ordre de
priorité qu`il conviendra de déterminer, sur :
- le rétablissement de la confiance en tant que facteur de
développement :
- l`élaboration d`une stratégie dynamique pour remettre la
Côte d`Ivoire sur la voie de la prospérité et du progrès par
le travail ;
- la création d`un environnement propice à l`investissement
;
- la réforme des finances publiques, la mise en place d`un
cadre macro économique viable, assaini et particulièrement
incitatif pour les opérateurs la mise en oeuvre d`une
économiques et les investisseurs ;
- fiscalité adaptée et incitative des investissements ;
- l`élimination du harcèlement fiscal des entreprises ;
- l`amélioration du cadre réglementaire et juridique ;
- la gestion moderne de l`Etat et le renforcement de la
culture de l`entreprise;
- la réorganisation du secteur commercial en vue de
promouvoir le développement de l`industrie nationale ;
- l`ouverture à l`innovation et l`émergence d`une nouvelle
génération d`entrepreneurs nationaux dynamiques ;
- l`amélioration de la qualité des ressources humaines par
la formation continue des cadres basée sur l`information, le
savoir, l`apprentissage tout au long de la vie, la
créativité et l`initiative ;
- la promotion d`une politique de crédits ;
- la promotion d`une agriculture modernisée et compétitive ;
- la mise en place méthodique des conditions d`un
développement industriel vigoureux, compétitif, par la
création de zones franches et d`instruments de conquête de
marchés extérieurs ;
- La restauration des infrastructures économiques;
- la réhabilitation des outils et des instruments de
production et de développement ;
- la relance des secteurs stratégiques : agriculture, mines,
énergie, industrie ;
- la relance des fonds sociaux pour les différents secteurs
d`activité (primaire, secondaire et tertiaire) ;
- la sécurité alimentaire par le développement rural ;
- la lutte contre les inégalités et la pauvreté accentuées
par la crise;
- la relance de l`emploi et l`exploitation des opportunités
offertes par les NTIC ;
- la maîtrise de la croissance démographique ;
- la relance du tourisme par la réhabilitation et la
construction de réceptifs et de centres de formation
hôtelière en partenariat avec le secteur privé;
- la mise en place d`un programme spécial pour le
développement des voieries des grandes villes, des hôpitaux
et des universités ;
- la promotion vigoureuse d`une économie de services pour
profiter des opportunités offertes par les délocalisations ;
-l`instauration de mesures incitatives pour encourager
l`investissement étranger ;
-la reprise des négociations multilatérales et bilatérales
avec les bailleurs de fonds et les partenaires au
développement ;
- la remise en marche l`Eléphant d`Afrique et des chantiers
du futur.
Il y a plus d`une dizaine d`années, j`avais, en 1995,
proposé dix sentiers aux Ivoiriens. Le temps a montré la
justesse de ces propositions pour un nouveau pacte avec la
réussite économique. Les résultats sont là, palpables:
l l`indépendance énergétique du pays grâce à la valorisation
du gaz naturel et l`installation des centrales CIPREL et
AZITO ;
l l`intensification des explorations pétrolières débouchant
sur des gisements mis en exploitation;
l le bitumage de nouveaux axes routiers prolongeant un des
plus beaux réseaux routiers d`Afrique et comptant plus de
68.000 kilomètres;
l l`ouverture de milliers de kilomètres de pistes rurales ;
l l`électrification villageoise ;
l l`adduction d`eau dans de nouvelles villes secondaires ;
l la construction de nouveaux amphithéâtres sur les campus
universitaires ;
l la création de nouvelles universités : Abobo-Adjamé,
Bouaké, Daloa, Korhogo ;
l les plantations clés en mains ;
l la construction de nouveaux centres de santé qui font la
fierté des refondateurs, centres de santé qu`ils inaugurent
avec force publicité ;
l l`aéroport international Félix Houphouët-Boigny
l le bitumage des routes nouvelles Kanaholo-Korhogo,
Katiola-Dabakala, Bondoukou-Bouna, Bongouanou-Mbato, Kotobi-Arrah-Bonahoin,
etc.
Le coup d`état de 1999 a mis un coup d`arrêt brutal à ces
travaux qui avaient démarré en ce qui concerne :
l le bitumage de la desserte Est Centre d`ANANDA-APROMPRONOU
l le bitumage de la route AKRESSY-ABENGOUROU par ZARANOU
l Le bitumage de la route Blolequin Toulepleu
l Le bitumage de la route Guiglo Taï
l la poursuite de l`autoroute du nord, ABIDJAN-YAMOUSSOUKRO
l le Troisième Pont d`ABIDJAN.
l L`autoroute de PORT-BOUET-GRAND BASSAM
l L`extension du PORT d`ABIDJAN
Tout cela doit être repris, parce que tout cela est
nécessaire. Et tout cela peut être repris parce que nous en
avons la volonté et la compétence.
Bien entendu, nous aurons l`occasion de revenir sur tous ces
sujets d`importance dans mon nouveau programme de
gouvernement.
V Renouer avec
le progrès social
Le progrès social implique la création de la richesse par le
travail, une juste répartition des fruits de la croissance.
Cela passe nécessairement par le strict respect des
principes fondamentaux de justice sociale, notamment
l`égalité de tous devant la loi et particulièrement
l`égalité de l`homme et de la femme.
Dans ce cadre, nous instaurerons des négociations avec les
opérateurs économiques, le patronat, les chefs d`entreprise
et les syndicats en vue du relèvement du pouvoir d`achat des
travailleurs, mis à mal par la flambée anarchique des prix
des denrées de première nécessité et le coût du transport.
Il reste entendu que pour renouer avec le progrès social, il
est nécessaire non seulement de développer le goût de
l`effort chez nos compatriotes, mais aussi, de procéder à la
moralisation de notre société par la promotion du travail,
du mérite, de l`excellence et de la bonne gouvernance érigée
en norme sociale.
Je m`engagerai fermement et résolument, par ailleurs, à
réhabiliter l`Ecole, l`Université et le droit à la
formation, à restaurer l`autorité de la famille et du
maître. Toutes choses qui ont souffert des errements du
régime actuel.
Nous procéderons, en outre, à l`assainissement de
l`environnement de l`Ecole et de l`Université en
collaboration avec les organisations syndicales et
professionnelles, en luttant sans faiblesse contre la
corruption et le trafic d`influence. Nous veillerons à la
mise à niveau des infrastructures scolaires et
universitaires ainsi qu`à la normalisation de l`année
académique.
Nous poursuivrons nos efforts pour relancer la recherche
scientifique, moteur de tout développement. Nous
revaloriserons le métier d`enseignant et instaurerons un
dialogue permanent pour décrisper et apaiser le climat
social.
Toutes ces actions devront être conduites en vue de la
réforme du secteur de l`éducation-formation pour l`adapter
aux exigences et aux défis nouveaux du millénaire.
IV. Revaloriser
le monde rural
La revalorisation du monde rural passe par sa modernisation.
Celle-ci implique :
-une politique intégrée de développement rural ;
-une politique d`encadrement et d`appui au monde agricole ;
-une politique de renouvellement des vergers ;
-un mécanisme rationnel de gestion des filières café, cacao,
canne à sucre, coton, banane, anacarde, hévéa, huile de
palme et autres fruits et légumes…
-une promotion vigoureuse de la recherche scientifique
appliquée au monde agricole ;
-l`introduction et le développement de nouvelles
spéculations dans la perspective du bio carburant;
-la relance spécifique du développement des zones de
savanes, de montagnes et des anciennes zones forestières ;
-la poursuite du programme de plantations clé en main ;
-la réalisation de l`objectif de l`autosuffisance
alimentaire par la relance de la production vivrière :
manioc, riz, maïs, banane plantain, igname, mil,…denrées
dont les cours connaissent, aujourd`hui, une flambée
spectaculaire compte tenu de la baisse considérable de la
production.
-la réorganisation des circuits de distribution des produits
vivriers.
-La relance et le développement intégré de l`agriculture, de
l`élevage et de la pêche.
L`amélioration du cadre juridique par l`application de la
loi sur le foncier rural sera un facteur d`assainissement,
de dynamisation et de stabilité des activités agricoles.
Dans ce domaine, la promotion et le soutien de
l`agro-industrie en vue de la transformation des produits
agricoles sera un impératif de développement intégré du
secteur rural.
V. Développer le droit
de la femme
Depuis la lutte pour l`émancipation de la Côte d`Ivoire
menée par le Président Félix Houphouët-Boigny et ses
compagnons, le développement du droit de la femme n`a cessé
d`être au cœur du projet de société du PDCI-RDA. A cet
effet, on peut rappeler "les compagnons de l`aventure de
1946" qui regroupaient des centaines de jeunes de sexe
masculin et féminin envoyés en France dès la fin de la
seconde guerre mondiale, par le Député Félix
Houphouët-Boigny pour y poursuivre leurs études afin
d`accroître le potentiel des cadres de la nation future.
Cette politique dont de nombreux jeunes ont tiré profit,
sans aucune distinction d`origine ni d`appartenance
partisane, dans le contexte historique de l`époque, apparaît
aujourd`hui, comme relevant d`une vision et d`une
inspiration prodigieuses. Depuis, cette politique s`est
institutionnalisée après l`indépendance à travers les
avancées du code civil, les politiques de promotion de la
Femme. Aucun gouvernement du PDCI-RDA, n`a fait l`impasse
sur le développement des capacités et du leadership féminin.
Cette politique devra être renforcée dans le domaine de
l`égalité des droits civils, en matière de responsabilité
parentale et de fiscalité. Il faudra également développer et
atteindre la scolarisation à 100% de la jeune fille partout
sur le territoire national.
Compte tenu de l`importance de la population féminine et de
son rôle dans le développement économique et social, il nous
reviendra de lui donner la place qu`elle mérite dans la
politique, dans le gouvernement et dans tous les secteurs
d`activité.
Enfin, indépendamment de la protection de la santé de la
femme et de la jeune fille, nous devons poursuivre le
renforcement de l`autonomie de la femme, en réactivant nos
projets de marchés de gros et d`une bourse du vivrier dans
le cadre du développement de la sécurité alimentaire par la
femme. J`y veillerai personnellement.
VI. Reconstruire
l`image de la jeunesse
Pour offrir à la jeunesse ivoirienne un cadre sain, propice
à son épanouissement et à son ouverture au monde moderne, le
PDCI-RDA n`a ménagé, avant et depuis l`indépendance, aucun
effort. Grâce à sa politique de gratuité effective de
l`école et de la santé, le PDCI-RDA s`est attaché à donner à
la jeunesse ivoirienne un traitement particulier qui ne
négligeait ni sa santé ni sa formation scolaire et
universitaire. Les efforts accomplis dans ce cadre étaient
reconnus par tous et salués comme exemplaires, les résultats
ayant attesté la qualité des enseignements prodigués et qui
avaient fait naguère de notre Université une référence dans
la sous région et dans le monde.
Bien évidemment, le corps professoral qui avait auprès de
Félix Houphouët-Boigny une oreille attentive n`était pas en
reste de cette politique sociale hardie. Celle-ci offrait la
gratuité des soins médicaux aux fonctionnaires, la gratuité
du logement aux enseignants, avec à la clé, le décrochage de
la grille des salaires de la Fonction Publique. Tous ont
été, par la suite, propriétaires de leur logement.
Ainsi donc, instituée comme la priorité des priorités,l`éducation
de la jeunesse ivoirienne a toujours été au cœur de l`action
gouvernementale du PDCI-RDA depuis les origines. Dans ce
cadre, il m`était apparu nécessaire d`étendre les capacités
d`accueil de notre enseignement supérieur par la création
des universités de Cocody, d`Abobo-Adjamé, de Bouaké et des
unités universitaires régionales de Daloa et de Korhogo tout
en encourageant le développement de l`enseignement supérieur
privé.
Considérant que la jeunesse est l`avenir de la nation, le
PDCI-RDA a régulièrement consacré à sa formation près de 50%
du budget de l`Etat et cela sans discontinuer, offrant sans
discrimination aucune, bourses et autres appuis sociaux aux
étudiants méritants.
A tous ces avantages s`ajoutaient la gratuité du transport
pour les élèves et les étudiants. Tous les étudiants de
l`époque, quel que soit leur bord politique, ont largement
bénéficié de cette politique volontariste du PDCI-RDA.
Comme vous pouvez en juger, cette politique sociale est loin
d`être le miroir aux alouettes actuellement proposé par les
nouveaux gouvernants. La politique de l`illusion à laquelle
ils se commettent a jeté notre jeunesse dans la rue où elle
est en proie à tous les dévoiements. Ils iront jusqu`à
oublier la formation de notre jeunesse dont ils ont fait des
boucliers dans leur quête insensée du pouvoir par la rue, le
mensonge, la diffamation, l`irrévérence, la violence et les
armes.
Il importe donc de sortir notre jeunesse de la rue. Le PDCI-RDA
s`y emploiera avec intelligence et imagination pour
développer l`insertion sociale des jeunes. Pour accélérer
l`auto-emploi, je réactiverai la politique des Fonds
Sociaux, revue et corrigée, en vue d`une plus grande
efficacité.
Les potentialités agricoles de notre pays continuent
d`offrir des perspectives de développement et constituent un
vaste domaine d`insertion des jeunes. Nous ferons aimer les
nobles métiers de la terre et de l`artisanat à notre
jeunesse par une politique de modernisation agricole
systématique et intégrée ainsi que par une politique de
promotion de l`artisanat.
Un service civique à caractère civil et non militaire,
orienté également vers l`insertion sociale et
l`épanouissement personnel du jeune, sera mis en œuvre.
Je renforcerai l`éducation civique et la culture
démocratique des jeunes en vue d`en faire des citoyens bien
formés, responsables et préparés à résister à toutes les
manipulations, comme aux sirènes et aux promesses des
marchands d`illusions. C`est d`une jeunesse au travail,
studieuse, pétrie de technicité, de civilité et d`urbanité,
capable de relever les défis de la mondialisation, dont
notre pays a le plus besoin pour assurer la meilleure relève
à laquelle nous aspirons.
En appui à cet effort, j`encouragerai la réhabilitation de
l`autorité de la famille et des parents par une
sensibilisation nationale sur leurs rôles et leurs
responsabilités dans l`éducation morale et civique de leurs
enfants. Un cadre institutionnel particulier sera créé à cet
effet.
Le sport étant devenu une véritable industrie, sa
professionnalisation est actuellement une exigence à
laquelle il conviendra de se conformer. L`Etat y apportera
un appui par la création d`un Fonds de développement de la
formation professionnelle sportive. Dans le cadre de cette
politique, aucun sport ne sera laissé pour compte.
VII. Réactiver la politique
de santé publique
Avec le retour du PDCI-RDA au pouvoir, les Ivoiriens n`iront
plus à l`hôpital pour mourir mais pour recouvrer la santé et
la joie de vivre. Car, aujourd`hui, dans le contexte de la
pauvreté généralisée des populations, l`inexistence d`une
politique de santé publique fait de nos hôpitaux de
véritables mouroirs.
Je poursuivrai le développement des infrastructures
sanitaires de proximité et l`équipement des centres de santé
comme nous le faisions naguère. Je réactiverai les
politiques de lutte contre les grandes endémies, la
tuberculose, la poliomyélite, la lèpre, l`ulcère de Buruli
et autres maladies, pour certaines en passe d`être
éradiquées mais qui reviennent en force pour sévir suite à
l`abandon des programmes.
Concernant la pandémie du SIDA, il est affligeant de
constater que malgré les efforts considérables consentis par
la Communauté internationale et nos partenaires au
développement, les résultats attendus sont loin de nos
espérances. Car, la pandémie continue de se propager.
Pour améliorer la politique d`encadrement sanitaire de la
population ivoirienne, il nous apparaît nécessaire de
repenser la politique de recrutement des médecins et du
personnel de santé publique ainsi que leurs conditions de
travail.
Le corollaire de notre programme de relance de la politique
de santé publique visera à mettre en œuvre le projet
national de mutuelle d`assurance maladie que nous avions mis
en expérimentation. Ce projet a été malencontreusement
galvaudé, pour des raisons démagogiques, par le pouvoir en
place qui a démontré son incompétence et son incapacité à
garantir une santé publique aux Ivoiriens.
VIII. Assurer l`égalité des chances des Ivoiriens pour
l`accès aux emplois et aux services publics
L`esprit d`équité républicaine commande le respect du
principe de l`égalité des chances des citoyens pour l`accès
aux emplois et aux services publics tout comme pour l`accès
aux écoles de formation des agents de l`Etat. La gangrène de
la corruption et de la complaisance partisane, aux relents
tribalistes, qui s`est emparée de l`ensemble de ces secteurs
et qui plonge ses racines jusqu`à l`Ecole Nationale
d`Administration, fleuron des établissements de formation
des Agents de l`Etat, sera extirpée. Ceci devra permettre à
nos services et à notre administration publique de disposer
de cadres méritants et compétents. L`institutionnalisation
du " racket " est malheureusement la contrepartie honteuse
qui avilit l`image de nombre de nos agents chargés de
l`administration et de l`ordre publics.
Le PDCI-RDA effectuera une évaluation rigoureuse des
compétences au sein des administrations en vue de procéder à
une mise à niveau conforme aux exigences d`efficacité de
notre Administration et de nos services publics.
IX. Reformer la politique de retraite des agents de l`Etat
Pour jouir de sa pension de retraite, l`agent de la Fonction
Publique, parvenu à la fin de sa carrière, est
invariablement soumis à un véritable parcours du combattant
parfois insurmontable pour nombre d`entre eux.
L`assujettissement à des procédures interminables de
liquidation trop complexe induit des attitudes de dépit chez
nos retraités qui développent le sentiment d`être rejetés de
la société à laquelle ils ont donné le meilleur d`eux-mêmes.
Il faut faire du départ à la retraite une fête et non
l`antichambre de la mort pour tous ceux qui, leur vie
durant, ont servi l`Etat.
Avec le concours des Associations traitant de ces
préoccupations, le PDCI-RDA s`assurera de la réforme des
procédures de mise à la retraite et de liquidation immédiate
des pensions. Le but ainsi visé est d`éviter les attentes
pouvant aller de deux à quatre ans avec parfois des
conséquences dramatiques pour les bénéficiaires.
En outre, la contribution des Associations professionnelles
sera sollicitée afin de garantir le départ à la retraite
dans des conditions de dignité et de fluidité qui valorisent
le retraité.
Par ailleurs, nos retraités constituent une mine de
compétences, d`expérience et d`intelligence trop souvent
inexploitée. Je prends l`engagement de valoriser ces
ressources humaines pour les mettre au service de la nation
sur des projets spécifiques dans leurs domaines de
compétence, notamment à travers le bénévolat.
XII. Promouvoir une
politique et une culture
de l`hygiène publique
L`insalubrité est devenue en Côte d`Ivoire un drame
national. Nos villes, nos villages, nos rues et nos
quartiers sont en proie aux mouches, aux cafards, aux rats,
abandonnés aux odeurs des ordures ménagères, hospitalières,
industrielles et aux déchets toxiques, sources de maladies
et de mal-vivre.
Nous devons réagir. C`est pourquoi je m`engage à promouvoir
dans notre pays une culture de l`hygiène publique perdue
depuis l`arrivée du FPI au pouvoir.
La nouvelle politique de salubrité publique consistera à
éduquer nos populations aux exigences de l`hygiène publique
à travers une politique d`îlotage hygiénique de nos villes
et de nos villages, sous la conduite active des Mairies et
des Conseils Généraux. L`Ecole devra y apporter sa
contribution en sensibilisant et en formant la jeunesse, dès
le plus jeune âge, à cet effet. Nous devrons, par ailleurs,
nous assurer spécifiquement du traitement des déchets
hospitaliers.
En outre, je m`attacherai à mettre en place une industrie de
traitement moderne des ordures ménagères et industrielles
devenue une exigence de premier ordre.
XIII. Lutter contre
la dégradation
de l`environnement
Dans le contexte sans précédent du scandale écologique,
économique, politique et moral des déchets toxiques, il nous
reviendra de lutter contre la dégradation de
l`environnement. Les déchets toxiques ne devront jamais plus
violer nos eaux territoriales encore moins notre sol. C`est
un impératif catégorique.
Pour sa part, le PDCI-RDA s`emploiera, dans l`urgence, à
protéger les massifs forestiers actuels, les parcs nationaux
et à promouvoir une politique de reboisement en vue de la
reconstitution de notre patrimoine forestier. Devant
l`absence de vision environnemental et écologique du pouvoir
en place, nos forêts et savanes sont soumises à rude épreuve
par la quête du bois de chauffe. L`incapacité à satisfaire
les besoins des populations en énergie domestique est
intolérable quand on sait que la Côte d`Ivoire est
productrice en abondance de gaz naturel.
Il nous faudra également protéger la biodiversité.
La politique de l`eau doit viser à une gestion rationnelle
de nos ressources aquatiques en vue de leur exploitation
efficiente au niveau de l`hydraulique humaine
(l`accessibilité à l`eau potable pour tous), de
l`hydro-électricité (construction de barrages), des
transports fluviaux, des exploitations agricoles
(irrigation) et des loisirs (sports nautiques).
A ce propos, une attention particulière sera portée à
l`assainissement et à la mise en valeur du plan d`eau
lagunaire d`Abidjan devenu aujourd`hui l`objet de toutes les
pollutions et de toutes les agressions écologiques.
L`indifférence affichée par le régime du FPI à l`égard des
préoccupations écologiques a aggravé les menaces de
désertification de notre pays. Par cupidité et incompétence
coupables, des zones légalement protégées sont livrées à un
déboisement sauvage et irresponsable.
Concernant la lutte contre les émissions de gaz à effets de
serre, un contrôle strict sera exercé sur les véhicules aux
fins d`éradiquer les risques d`aggravation de la pollution
atmosphérique.
Dans cet ordre d`idées, les emballages plastiques qui
jonchent et engorgent nos villes et villages, nos zones
d`habitation, nos égouts et nos espaces verts, devront être
remplacés par des emballages biodégradables.
XIV. Repenser la politique du logement et du cadre de vie
Il nous faut repenser la politique de la qualité du logement
et du cadre de vie.
L`abandon actuel des politiques de l`habitat, de
l`urbanisme, du logement et du cadre de vie nous impose, en
effet, des réformes urgentes dans ces domaines. Nous
assistons à une bidonvilisation accélérée de nos villes et
de nos quartiers, les règles élémentaires d`urbanisme
n`étant plus, ni observées, ni respectées.
Une politique de la ville devra être réactivée dans le cadre
de plans directeurs existants. Il faut, à cet effet,
rétablir et renforcer la place et la fonction
architecturales pour mettre un terme à la prolifération des
constructions anarchiques sans caractère et hors normes.
Dans le non respect des lois d`édilité, nos villes sont
devenues des villes boutiques, des bazars où se côtoient
maquis, résidences, gares et écoles, dans une confusion et
une promiscuité indescriptibles et de nuisances
inacceptables.
Nos villes ont besoin d`espaces verts et d`aires de jeux
pour les loisirs et les sports. La qualité du cadre de vie
est à ce prix. C`est pourquoi, je veillerai à doter nos
communes et nos quartiers d`infrastructures sportives pour
démocratiser et vulgariser les loisirs et la pratique du
sport de masse.
Nous devons également initier une politique de densification
urbaine dans le cadre de nos politiques de logement
assorties de financements adaptés pour l`immobilier. La
construction de logements sociaux et l`amélioration du cadre
de vie par la réduction des bidonvilles constitueront un
enjeu politique majeur. Dans cet ordre d`idées, je
relancerai le projet de modernisation de l`habitat
villageois.
XV. Réformer la politique des travaux publics
L`abandon par le régime FPI de l`entretien et de la
poursuite du développement des infrastructures économiques,
leur dégradation avancée nécessitent une réforme de la
politique des travaux publics. Tout en nous appuyant sur le
secteur privé, il nous faudra infléchir le désengagement de
l`Etat dans ce secteur vital pour le développement du pays
et imaginer des technologies alternatives dans ce domaine
essentiel.
Dans l`urgence, nous réhabiliterons les deux ponts
d`Abidjan. Nous entreprendrons la construction des ponts de
Jacqueville et du Plateau-Locodjro. Nous reprendrons les
travaux du troisième pont Marcory-Riviéra. Les principaux
ouvrages d`art du réseau routier national seront également
pris en compte.
Les chantiers de l`autoroute ABIDJAN - Grand - BASSAM et de
celle de SINGROBO- YAMOUSSOUKRO seront repris et conduits à
leur terme.
Un programme d`appui à l`entretien routier sera, en outre,
accordé aux Conseils Généraux et aux collectivités locales
pour la remise en état des pistes rurales afin de permettre
à nos paysans d`évacuer, dans les meilleures conditions,
leurs productions.
La question récurrente du réseau ferroviaire méritera un
traitement particulier de même que celui du transport
ferroviaire interurbain.
Le programme du transport fluvial et lagunaire sera
réactivé.
La restructuration, l`extension et la modernisation des
ports et des différents terminaux seront engagées
immédiatement pour les rendre performants et consolider leur
place dans la sous région.
Les aéroports nationaux seront réhabilités et modernisés
pour permettre le développement du transport aérien
intérieur. Par ailleurs, la mise aux normes internationales
de l`Aéroport international Félix Houphouët-Boigny sera
poursuivie.
Dans tous ces domaines, le temps perdu sera rattrapé.
Pour les besoins de salubrité publique, un vaste programme
d`assainissement de nos villes et en particulier d`Abidjan,
sera mis en œuvre. Il faut mettre fin au désordre actuel.
De même, la réhabilitation, la poursuite de la modernisation
et de la densification du réseau électrique et l`extension
des adductions d`eau seront entreprises. Suite aux dégâts
causés par la guerre, ces programmes bénéficieront d`une
attention particulière.
C`est pourquoi, il nous faut renforcer notre capacité de
production, de transport et de distribution de l`énergie
électrique pour répondre à l`aspiration de nos populations
au bien être. Dans cette perspective, le projet de
construction du barrage hydroélectrique de Soubré sur la
Nawa sera repris et mené à son terme.
La modernisation du secteur des télécommunications et des
nouvelles technologies sera poursuivie et adaptée.
XVI. Promouvoir la culture nationale et les industries
culturelles
Tout le processus de reconstruction nationale, de
rétablissement d`un Etat républicain et démocratique est
inséparable de la promotion d`une culture nationale ouverte.
C`est une exigence pour donner un supplément d`âme à la
nation.
L`affirmation de notre culture nationale doit être un
ferment de cohésion par la mise en valeur harmonique et
harmonieuse de toutes nos cultures ethniques et de notre
histoire commune, dans la conscience de notre communauté de
destin.
La modernisation de notre société implique la modernisation
de notre culture par l`éradication des excès de ses
traditions afin de favoriser l`émergence de la créativité
scientifique et celle d`une éthique moderne du travail.
Cette modernisation doit être une synthèse entre nos
traditions, les apports scientifiques et techniques des
sociétés avancées et la mondialisation économique et
culturelle en cours.
Parce que la promotion d`une culture nationale est non
seulement une exigence de modernisation, mais aussi un
puissant facteur de cohésion nationale, un enjeu de
démocratie et un atout économique, je propose une politique
culturelle ambitieuse dans le droit fil de l`option libérale
du PDCI-RDA.
Il faut se garder, en effet, d`étatiser la culture. Au
contraire, l`Etat doit respecter la liberté de pensée et de
création et permettre l`épanouissement des artistes et des
créateurs. Il est inadmissible de laisser ceux-ci végéter
dans la misère et la désespérance. Il revient à l`Etat, par
la protection de leurs droits et de leurs œuvres, de faire
en sorte qu`ils vivent de leur art et qu`ils aient la
considération qu`ils méritent.
Je proposerai au parlement la révision de la loi portant
protection du patrimoine et de la loi portant protection des
œuvres de l`esprit afin de lutter efficacement contre la
piraterie et de réglementer les ventes et l`exportation des
objets d`art.
Pour mettre fin à une gestion erratique, le Bureau ivoirien
des droits d`auteur (Burida) sera réformé et contrôlé par
ses sociétaires.
Pour favoriser l`investissement privé dans le secteur
culturel, une autre loi instituera le mécénat d`entreprise
en lui reconnaissant le caractère d`un acte de gestion.
L`Etat, pour sa part, soutiendra la création et la diffusion
culturelles. Je m`engage à porter le budget de la culture à
1% du budget général, ce qui multiplierait par dix le budget
actuel. De même, les fonds à la création culturelle,
notamment le Fonds d`intervention pour l`action culturelle
et le Fonds d`aide au cinéma, seront réaménagés et dotés de
ressources plus importantes. Les commandes, en ce qui
concerne l`artisanat et les arts plastiques, seront
également instaurées. Quant à la diffusion de la culture,
elle sera assurée par les médias d`Etat, par la création de
bibliothèques en milieu urbain comme en milieu rural (avec
l`extension des Centres de lecture et d`Animation culturelle
(CLAC) et par de nouveaux musées et l`institution d`un
festival des régions.
Un accent particulier sera mis sur la formation, en
généralisant l`éducation artistique à tous les niveaux du
système scolaire. L`objectif est d`éduquer le goût et
l`esprit critique des citoyens et de favoriser ainsi
l`équité d`un partage de la culture. L`Institut National des
Arts et de l`Action Culturelle (INSAAC) sera réformé pour
une meilleure formation du personnel appelé à animer la vie
culturelle et pour aider les artistes amateurs et
professionnels à maîtriser et perfectionner leur art grâce à
des connaissances accrues.
Je compte également faire reprendre et mener à terme
l`inventaire des monuments et richesses artistiques de la
Côte d`Ivoire. Des mesures juridiques nouvelles en
assureront une meilleure protection et permettront leur
sauvegarde et leur exploitation rationnelle. La défense de
nos langues nationales doit être assimilée à la sauvegarde
du patrimoine. Elles seront donc revalorisées et utilisées
dans les médias et l`enseignement.
Je m`engage à conduire une politique active de
décentralisation culturelle pour rendre accessible au plus
grand nombre de citoyens la culture réservée trop souvent à
une élite et aux seuls habitants de la capitale économique,
Abidjan. Chaque Direction régionale de la culture, en
liaison avec les collectivités territoriales, conduira
l`action culturelle. Des conservatoires régionaux des arts
et de la culture seront crées, de même que des maisons
régionales de la culture, salles polyvalentes destinées aux
activités culturelles. Ces conservatoires auront également
pour vocation de promouvoir les recherches culturelles en
recueillant toutes les données sur la civilisation de la
région concernée.
Un programme d`une telle ampleur nécessite de grands
programmes d`infrastructures culturelles. Trois programmes
seront réalisés de façon prioritaire. La zone d`aménagement
culturel de Treichville dont le Palais de la culture
constitue le premier maillon sera complétée par une Maison
des Musiques Africaines, une grande salle de spectacles et
un Musée des arts et traditions populaires. La Cité des
arts, des sciences et des techniques sera implantée à
Yamoussoukro, la capitale politique. Le troisième programme
concerne la création de maisons régionales de la culture
grâce à une association de l`Etat et des collectivités
territoriales. Ces grands travaux ne sont pas exclusifs des
programmes d`équipements culturels de proximité qui seront
réalisés avec le concours du secteur privé et des
partenaires au développement.
Tous ces investissements se justifient, certes, par le
manque criard d`infrastructures culturelles, mais aussi par
l`importance économique de la culture qui génère des
emplois, des biens, des recettes d`exportation. Il nous faut
donc développer les industries culturelles avec leurs effets
induits en matière économique et technologique.
L`industrie du livre sera entièrement libéralisée, notamment
en matière de production de livres scolaires. La détaxation
des intrants destinés à l`imprimerie en application du
protocole de Florence réduira les coûts des livres et des
journaux. L`industrie du cinéma recevra le soutien de l`Etat
par le truchement de la Compagnie ivoirienne du cinéma et de
l`audiovisuel. Le développement d`une industrie nationale de
machines électroniques et de composants électroniques
permettra de répondre à la demande croissante de matériels
audiovisuels.
L`importance croissante de l`audiovisuel nécessite un
développement des télévisions privées et de nouvelles
technologies comme la télévision numérique terrestre, ainsi
qu`un effort particulier pour la production de programmes
télévisés et de téléfilms. Je proposerai un projet de pôle
de production audiovisuelle et un projet de télévision
panafricaine d`information continue pour corriger le
déséquilibre des images et le traitement partial et négatif
des informations sur l`Afrique.
Ces initiatives visent aussi à assurer une présence
rayonnante de la Côte d`Ivoire à l`extérieur et à favoriser
les exportations de biens culturels. La chanson et la
musique ivoiriennes, qui ont un réel succès à l`étranger,
devraient être mieux diffusées. Il en est de même des
livres, de la mode et de la gastronomie.
Notre capitale économique doit redevenir ce qu`elle n`aurait
jamais dû cesser d`être, la capitale africaine des arts et
de la culture. Il faut offrir les meilleures conditions de
production aux artistes et développer les marchés culturels,
comme le Marché des Arts du spectacle africain. Outre le
Salon international du livre et le Salon des industries
culturelles, seront crées un Salon africain des arts
plastiques et un Salon de la mode et du design. Le projet de
Festival Mondial des Afro-Musiques sera réalisé et
institutionnalisé selon une périodicité triennale ou
quadriennale.
C`est la culture, à travers sa capacité de création
artistique, d`assimilation des influences, qui donne à un
pays sa singularité. C`est elle qui nous aidera à affirmer
la spécificité ivoirienne à travers l`expression de la
diversité de ses composantes et à participer au dialogue
international des cultures pour un monde plus pacifique et
plus solidaire.
XVII. Relever le défi de l`intégration régionale
Pour relever le défi de l`intégration régionale, il faudra
consolider et renforcer l`application des textes régissant
le fonctionnement des institutions d`intégration régionale
existantes (CEDEAO, BCEAO, UEMOA, BOAD…
Par le dialogue et la recherche du consensus, nous
contribuerons à promouvoir une véritable politique
d`intégration qui réponde aux aspirations et aux attentes de
nos populations.
La confiance devra être restaurée pour rétablir les rapports
de bon voisinage entretenus naguère par le PDCI-RDA dans la
sous région et en Afrique, seuls gages de la véritable
construction de l`Union africaine.
XVIII. Redonner à la
Côte d`Ivoire son audience internationale
Le système diplomatique bâti par le Président Félix
Houphouët-Boigny, dès 1960, dans les relations
internationales de la Côte d`Ivoire s`appuie sur une vision
claire du monde, de l`identité et des intérêts de notre
pays. Il a consisté en une quête permanente du développement
national à travers la coopération internationale, la
recherche de la paix intérieure et extérieure, en Afrique et
dans le monde.
Les succès rencontrés dans ce cadre portent la marque du
PDCI-RDA qui a estampillé du sceau du dialogue, de la paix
et de la concertation, tout l`arsenal de sa politique
extérieure.
L`âge d`or de la diplomatie ivoirienne coïncide donc avec la
période de gestion du pays par le PDCI-RDA.
Depuis 2000, par contre, dans le domaine de la politique
extérieure et de la diplomatie, nous assistons à une
véritable descente aux enfers du fait de la propension du
FPI à afficher sa rivalité, à se poser systématiquement en
adversaire en matière de relations internationales. Cette
imperméabilité à la culture diplomatique, dont le FPI
continue de témoigner, vaut aujourd`hui à la Côte d`Ivoire
d`être reléguée au ban des nations.
C`est pourquoi nous referons de notre pays, un pôle de
rayonnement régional par la promotion d`une culture et d`une
diplomatie de la paix.
Dans cette perspective nous nous attacherons à renforcer la
coopération internationale, en renouant avec nos partenaires
traditionnels, en recherchant et en développant de nouvelles
amitiés toujours fondées sur le respect mutuel.
La priorité sera donc de reconstruire l`image perdue de la
Côte d`Ivoire, terre d`espérance, de paix et de prospérité.
Conclusion
Chers compatriotes,
Nous voici parvenus au terme de ce tour d`horizon. Avant de
clore mon propos, je voudrais vous dire combien votre
confiance réconforte et cristallise mon engagement personnel
pour le renouveau de notre pays.
Je vous exhorte à entretenir, en vous et autour de vous,
ainsi qu`avec les communautés vivant avec vous, l`esprit de
paix, facteur de concorde et d`harmonie sociales durables.
Vous avez vu à quel point la recherche effrénée du pouvoir,
en dehors des normes démocratiques, a détruit notre beau
pays. Tuons en nous les vilains sentiments que dénonçait
naguère si opportunément le Père fondateur. C`est le socle
de la renaissance ivoirienne.
Tout au long de mes propos, je me suis gardé de toute
démagogie facile pour vous dépeindre la situation déplorable
de la Côte d`Ivoire, notre beau pays, devenue si
méconnaissable.
La voici en lambeaux, blessée dans sa chair, exsangue,
meurtrie et oubliée de ceux qui prétendaient la relever et
faire, pour elle, mieux que le PDCI-RDA. Pour notre malheur,
ils l`ont défigurée, humiliée et abandonnée après l`avoir
souillée de mille manières par les tueries et les
assassinats, par les déchets toxiques importés et le
mensonge, par le vol, l`affabulation, le racket et la
corruption.
Cette situation peu enviable mérite d`être corrigée. Nous le
devons et nous le pouvons. L`image désastreuse de la Côte
d`Ivoire d`aujourd`hui, nous y invite.
Avec le PDCI-RDA, parti d`expérience, aux compétences et aux
ressources humaines abondantes, l`espoir est permis.
Le PDCI-RDA est déterminé à relever le défi de la
renaissance et du renouveau de la Côte d`Ivoire, le défi du
développement, de l`union, de la paix sociale et de la
stabilité politique tel que le Père fondateur, ses
compagnons et nous-mêmes l`avons imaginé, conçu et assumé
quarante ans durant.
Les actions et mesures nécessaires au redressement de notre
pays, dont je viens d`esquisser ici les grandes lignes, sont
loin d`être exhaustives. La totalité de nos réflexions sur
le redressement durable de notre pays se trouve consigné
dans notre projet de société et sera portée à la
connaissance de tous dans notre programme de gouvernement le
moment venu.
Cependant, pour que tout cela soit possible, nous devons
rester unis et forts, en nous départissant de toutes les
tentations de la division, des luttes intestines et des
querelles de personnes.
Le PDCI-RDA n`est jamais aussi fort que quand toutes ses
militantes, tous ses militants, tous ses jeunes, s`unissent
pour regarder dans la même direction et vers le même
objectif.
Nous l`avons dit et redit, le chemin des urnes est l`unique
moyen pour la reconquête du pouvoir perdu par la force des
armes.
Pour ce faire, je vous presse et vous invite à vous
mobiliser massivement pour aider tous les nôtres et nos
sympathisants à obtenir les jugements supplétifs et tous les
documents nécessaires au vote. Mobilisons-nous pour
participer aux opérations d`identification et de recensement
électoral qui se dérouleront très bientôt sur l`ensemble du
territoire national. Mobilisons-nous pour la vérification de
la liste électorale de 2000.
Le verdict des urnes étant le remède approprié pour le
redressement et le rétablissement durables de la Côte
d`Ivoire bafouée, humiliée et en état de désagrégation
avancée, je vous engage à prendre toutes les dispositions
pour participer à toutes ces opérations. Notre retour aux
affaires est à ce prix, car seul votre vote massif peut nous
permettre de remporter l`élection présidentielle future et
toutes celles qui suivront.
Le PDCI-RDA, toujours attentif à l`appel de la Nation, doit
y répondre en lui apportant par le verdict des urnes le
remède approprié à son prompt rétablissement.
Le PDCI-RDA, debout comme je le vois chaque matin, n`a plus
le droit de se rasseoir jusqu`à la victoire finale. Votre
vote doit être, sans équivoque, l`expression massive de
votre refus de la dictature qui s`installe sous nos yeux.
Convaincu que la Côte d`Ivoire nous attend et assuré de
votre indéfectible soutien, je prends solennellement, au nom
du PDCI-RDA, l`engagement de ne point me dérober ni de
faillir au noble devoir de la relever.
Chers compatriotes, soyons clairs !
Hier, le progrès qui caractérisait la dynamique insufflée
par le PDCI-RDA à notre pays, au cours de quatre décades
glorieuses, a laissé place au déclin. L`espoir s`est
évanoui, la décadence s`est imposée comme une véritable
fatalité. Hier, les adultes avaient une vie meilleure que
leurs parents et ils avaient confiance en un avenir encore
meilleur pour leurs enfants.
Aujourd`hui, chacun regrette le passé et éprouve une
légitime angoisse face à l`avenir : notre sort est moins bon
que celui de nos parents.
Demain, la qualité de vie de nos enfants sera encore moins
bonne que la nôtre. C`est ce nœud gordien que je veux
trancher, c`est cette fatalité de la décadence que je veux
briser. Demain, avec nous, demain, avec vous, notre chère
Côte d`Ivoire s`appellera à nouveau "ESPÉRANCE".
A vous toutes et à vous tous, mes salutation fraternelles.
Auteur : Henri Konan BEDIE
Président du PDCI-RDA
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